Expression coordonnée en 2005
Sur une terre limitée, les solidarités s’avèrent indispensables pour l’équilibre géopolitique mondial et pour le bien être de tous. Mais l’inégalité caractérise la consommation d’énergie : 20% de la population mondiale dispose de 60% des ressources énergétiques(1). Avec le maintien du mode de vie occidental et son adoption croissante par les pays « émergents », la pression se renforce sur des ressources qui se réduisent en peau de chagrin.... L’énergie pose aussi la question du droit à la paix, mis en cause par la prolifération des armes nucléaires alimentée elle-même par la filière nucléaire dite « civile ».
Et le citoyen ?
On le voit, les choix politiques sont lourds de conséquences pour les humains et leur condition de vie, aujourd’hui et demain. Habiter, se déplacer, manger ... dans notre quotidien, l’énergie est partout ! A nous d’exprimer notre point de vue. La citoyenneté doit retrouver sa place légitime au cœur des politiques énergétiques. Pour que chacun comprenne les enjeux, connaisse le champ des possibles et puisse s’exprimer, le débat public, sincère et transparent est indispensable.
Impasse et alternatives
« Débat démocratique », c’est justement là où le bâts blesse. Le programme nucléaire civil lancé en France dès 1974 l’a été sans l’aval d’aucune loi. Décidé par un nombre restreint de personnes, ce choix nous a placé dans une quasi unique voie pour la production de l’électricité. Le nucléaire aujourd’hui, c’est un risque d’accident qui contaminerait des régions pour des milliers de générations, 153 milliards d’euros investis dans le parc des 58 réacteurs actuels, 90% des crédits de recherche(2), la dépendance énergétique (importation totale de l’uranium depuis 2001), une fausse solution à l’effet de serre (78% de la production électrique mais 23% de la consommation finale d’énergie(3)). Avec la privatisation d’EDF, la logique de rentabilité risque de se substituer à la logique de sûreté. Le démantèlement des centrales est insuffisamment provisionné(4). Et aucune solution sûre à échelle plurimillénaire n’est à ce jour trouvée pour la gestion des déchets.
Face à cette impasse, d’autres solutions sont possibles, comme y sont engagés les autres pays européens. Non pas LA solution mais DES solutions, chacune adaptée à chaque cas. Économies, efficacité énergétique, renouvelables, cogénération... les alternatives existent. Ne reste que la volonté politique .... qui elle-même ne pourra prendre de l’ampleur qu’à l’appel des citoyens.
La MRES en lance un, avec quatre demandes :
la sortie progressive du nucléaire,
un grand débat national sur la politique énergétique,
dès maintenant la mise en œuvre des alternatives
le renforcement et la démocratisation du service public,
(1) Attac, Grain de sable n°484, 13 oct 2004 (2) H. GASSIN, B. DESSUS, 2004, So Watt ? (3) Observatoire de l’énergie, 2003 (4) Cour des comptes, rapports publics, 1998, 2003




